dimanche 24 juin 2012


Les garçons jouent-ils à la guerre et les filles à la poupée ?
Une enquête sociologique au LFAY, par la classe de 1ère ES sous la direction de M. BOULO

 Les légos, un des rares jeux plébiscité à la fois par les garçons et les filles

Les garçons sont-ils condamnés à jouer  à la guerre ou au football alors que les filles joueraient à la poupée ou à la marchande ? N’y a-t-il pas aussi des jeux mixtes ou des jeux dont le caractère sexué est moins déterminé ? C’est à partir d’une photo des pages « garçons » et « filles » d’un  catalogue de jouets de Noël  (forcément bleues pour les garçons et roses pour les filles) qu’a germé l’idée d’une enquête  sociologique auprès des élèves de CE2, âgés de 8 /9 ans.

Les élèves de première ES ont pour cela mené une mini enquête en trois étapes : d’abord, ils ont élaboré et distribué un questionnaire aux élèves de CE2 (trois classes) puis ont analysé statistiquement les réponses.
Ensuite, ils ont mené une douzaine d’entretiens, avec  certains élèves afin d’avoir une compréhension plus fine des résultats du questionnaire. 
Enfin un dernier groupe d’élèves de première a observé les jeux des enfants du primaire dans la cour de récréation le midi lors de plusieurs séances « d’observation participante »

Les résultats sont en grande partie (malheureusement ?) sans surprise :
le caractère sexué des jeux apparaît de manière très nette lors de l’observation participante dans la cour. Les garçons ont une forte préférence  pour les jeux sportifs ou de combats (football, toupies beyblade); tandis que les filles privilégient en général les activités plus calmes (discussion, lecture, corde à sauter). Quelques jeux semblent toutefois mixtes comme les traditionnels « loups » ou le baby foot mais ils sont loin d’être majoritaires.
L’occupation de l’espace dans la cour est aussi représentative de cette différence. Les garçons dont les activités sont plus physiques occupent la plus grande partie de l’espace  semblant reléguer les filles à la périphérie de la cour ( endroits ombragés comme le préau par exemple). Toutefois, les règles de l’école attribuant le terrain de football alternativement aux garçons ou aux filles selon les jours semblent atténuer cette « domination masculine ». Autre remarque, plus l’âge des élèves est avancé, moins les activités sont mixtes.

A partir d’un questionnaire distribué à 27 filles et à 34 garçons de CE2, les élèves ont pu recueillir les statistiques suivantes :
Les jouets les plus populaires chez les garçons sont les jeux vidéos (85 % déclarent y jouer) les légos  (82 %) et les puzzles (71 %). Les activités les plus populaires sont regarder la télévison (74%) et jouer au foot ou au rugby (59 %)
Les jeux les plus populaires chez les filles sont les collections (78 %), les puzzles (65 %) et les legos (59 %)
Certains jeux apparaissent très sexués puisque, 41 %  des filles déclarent jouer à  la poupée -0% chez les garçons-, 48 % à la dînette –seulement 6 % chez les garçons-. De même 46 % des filles pratiquent-elles la danse contre seulement 3 % des garçons.  Seulement 9 % des garçons déclarent cuisiner contre un tiers des filles. La lecture semble aussi être une activité plus féminine puisque seulement 35 % des garçons déclarent lire dans leur temps libre contre 70 % des filles !
Au contraire, certaines activités semblent réservées aux garçons comme les sports de combat -38 % de pratiquants garçons contre 4 % chez les filles. Il semble toutefois exister aussi quelques activités mixtes puisque près de la moitié des filles déclarent jouer au rugby ou au football (merci les activités périscolaires et l’AS rugby ?) et que les legos apparaissent dans le top 3 des jeux à la fois pour les garçons et les filles

Quelques diagrammes












 



Les entretiens menés auprès des élèves permettent d’aller un peu plus loin dans l’analyse des résultats. Par exemple, il apparaît qu’à la maison, avec leurs sœurs, les garçons n’hésitent pas à jouer à des jeux « de filles » (pet shops, loup...) Toutefois, l’un précise dans le même temps qu’il n’aimerait pas que ses amis le sachent « par peur des moqueries » . Une fille remarque que ses activités favorites comme la lecture ou le dessin lui permettent d’être « relax » et qu’elle n’aime pas trop jouer avec les garçons qui jouent souvent à des jeux « sportifs » ou à des jeux de guerre « avec des mitrailleuses ».
Au final, une enquête qui nous montre bien que dès le primaire la différenciation des sexes se construit par le jeu. Une question apparaît alors,  l’institution scolaire doit-elle chercher à rééquilibrer ces différences et comment ?

La classe de 1èreES, sous la responsabilité de M. BOULO, Professeur de Sciences économiques et Sociales