Les garçons jouent-ils à la guerre et les filles à
la poupée ?
Une enquête sociologique au LFAY, par la classe de
1ère ES sous la direction de M. BOULO
Les légos, un des rares jeux plébiscité à la fois par les garçons et les filles
Les garçons sont-ils condamnés à jouer à la guerre ou au football alors que les
filles joueraient à la poupée ou à la marchande ? N’y a-t-il pas aussi des
jeux mixtes ou des jeux dont le caractère sexué est moins déterminé ? C’est
à partir d’une photo des pages « garçons » et « filles »
d’un catalogue de jouets de Noël (forcément bleues pour les garçons et roses
pour les filles) qu’a germé l’idée d’une enquête sociologique auprès des élèves de CE2, âgés de
8 /9 ans.
Les élèves de première ES
ont pour cela mené une mini enquête en trois étapes : d’abord, ils ont
élaboré et distribué un questionnaire aux élèves de CE2 (trois classes) puis
ont analysé statistiquement les réponses.
Ensuite, ils ont mené une
douzaine d’entretiens, avec certains
élèves afin d’avoir une compréhension plus fine des résultats du
questionnaire.
Enfin un dernier groupe
d’élèves de première a observé les jeux des enfants du primaire dans la cour de
récréation le midi lors de plusieurs séances « d’observation
participante »
Les résultats sont en
grande partie (malheureusement ?) sans surprise :
le caractère sexué des
jeux apparaît de manière très nette lors de l’observation participante dans la
cour. Les garçons ont une forte préférence pour les jeux sportifs ou de combats (football,
toupies beyblade); tandis que les filles privilégient en général les activités
plus calmes (discussion, lecture, corde à sauter). Quelques jeux semblent
toutefois mixtes comme les traditionnels « loups » ou le baby foot mais
ils sont loin d’être majoritaires.
L’occupation de l’espace
dans la cour est aussi représentative de cette différence. Les garçons dont les
activités sont plus physiques occupent la plus grande partie de l’espace semblant reléguer les filles à la périphérie
de la cour ( endroits ombragés comme le préau par exemple). Toutefois, les
règles de l’école attribuant le terrain de football alternativement aux garçons
ou aux filles selon les jours semblent atténuer cette « domination
masculine ». Autre remarque, plus l’âge des élèves est avancé, moins les
activités sont mixtes.
A partir d’un
questionnaire distribué à 27 filles et à 34 garçons de CE2, les élèves ont pu
recueillir les statistiques suivantes :
Les jouets les plus
populaires chez les garçons sont les jeux vidéos (85 % déclarent y jouer) les
légos (82 %) et les puzzles (71 %). Les
activités les plus populaires sont regarder la télévison (74%) et jouer au foot
ou au rugby (59 %)
Les jeux les plus
populaires chez les filles sont les collections (78 %), les puzzles (65 %) et
les legos (59 %)
Certains jeux apparaissent
très sexués puisque, 41 % des filles
déclarent jouer à la poupée -0% chez les
garçons-, 48 % à la dînette –seulement 6 % chez les garçons-. De même 46 % des
filles pratiquent-elles la danse contre seulement 3 % des garçons. Seulement 9 % des garçons déclarent cuisiner
contre un tiers des filles. La lecture semble aussi être une activité plus
féminine puisque seulement 35 % des garçons déclarent lire dans leur temps
libre contre 70 % des filles !
Au contraire, certaines
activités semblent réservées aux garçons comme les sports de combat -38 % de
pratiquants garçons contre 4 % chez les filles. Il semble toutefois exister
aussi quelques activités mixtes puisque près de la moitié des filles déclarent
jouer au rugby ou au football (merci les activités périscolaires et l’AS
rugby ?) et que les legos apparaissent dans le top 3 des jeux à la fois
pour les garçons et les filles
Quelques diagrammes

Quelques diagrammes
Les entretiens menés auprès des élèves permettent d’aller un peu plus loin dans l’analyse des résultats. Par exemple, il apparaît qu’à la maison, avec leurs sœurs, les garçons n’hésitent pas à jouer à des jeux « de filles » (pet shops, loup...) Toutefois, l’un précise dans le même temps qu’il n’aimerait pas que ses amis le sachent « par peur des moqueries » . Une fille remarque que ses activités favorites comme la lecture ou le dessin lui permettent d’être « relax » et qu’elle n’aime pas trop jouer avec les garçons qui jouent souvent à des jeux « sportifs » ou à des jeux de guerre « avec des mitrailleuses ».
Au final, une enquête qui
nous montre bien que dès le primaire la différenciation des sexes se construit
par le jeu. Une question apparaît alors,
l’institution scolaire doit-elle chercher à rééquilibrer ces différences
et comment ?
La classe de 1èreES, sous la responsabilité de M. BOULO, Professeur de Sciences économiques et Sociales
